Compte rendu de voyage en Birmanie - partie 2 - Le Lac Inle

Voyage Ornitho en Birmanie – Janvier 2017 – Partie 2 – Lac Inle – Kalaw

Lac Inle

La suite de notre voyage se poursuit sur le Lac Inle.

Retrouvez la première partie de l’article de ce voyage : voyage ornitho Birmanie – Partie 1 – Mandalay – Bagan

Nous quittons Bagan tôt ce matin du 23 Janvier, le soleil se lève sur les pagodes et sur les montgolfières qui flottent dans la lumière du matin. Kakou s’arrête à la station-service pour faire le plein. Nous avons recours à ses services une fois de plus pour rejoindre notre prochaine étape, le lac Inle. Il nous prend 150€ pour cette course. Ce n’est pas excessif, Il y a 340 km de mauvaise route avec beaucoup de trafic, il nous faudra toute la journée pour les faire. A Thazi nous faisons une halte pour une observation au bord du lac, il est noté dans les I.B.A. l’étendu est immense et en cette saison il y a peu d’oiseaux, 1 balbuzard pêcheur, quelques dendrocygnes siffleurs, des ibis falcinelles. Nous arrivons vers 17h à notre hôtel, Kakou repart illico à Bagan.

Le selfie avec Kakou sur la route Bagan/Inle, une belle rencontre de voyage
Le très rare tarier de Jerdon dans les roseaux du lac Inle

Notre hôtel est situé sur le bord du lac, et de notre chambre nous pouvons déjà observer les oiseaux. Jacana à longue queue, grand coucal, dendrocygne siffleur, martin chasseur de Smyrne, et martin pêcheur d’Europe se partagent le petit étang à coté du bungalow. Un peu plus loin dans les roseaux, il y a le tarier de Jerdon. Très rare en Birmanie, et quasiment jamais observé puisqu’il est donné en « extinction probable » sur oiseau.net.

Le nord du lac est classé réserve naturelle. L’accès est interdit et toute activité, agricole, pêche, tourisme y est interdit. Pour y accéder il faut une autorisation du ministère de l’environnement. Notre hôtel s’occupe des formalités et nous trouve un guide. Cela nous coutera 45$ chacun.
Nous partons tôt le matin depuis l’embarcadère de l’hôtel, et nous mettons cap au nord vers la réserve. Après une demi-heure de traversé après avoir croisé les mouettes du Tibet, nous accostons à l’observatoire. C’est un vieux bâtiment en bois sur pilotis un peu dégradé. Attention où on met les pieds, il y a quelques planches vermoulues.

L’observatoire de la reserve au nord du lac Inle

Nous restons environ 2 heures sur l’observatoire et comptabilisons 28 espèces, marouette brune, jacana à longue queue, mégalure des marais, hirondelle à longs brins, grand coucal, des canards bien sûr, canard à bec tacheté, sarcelle d’été, fuligule nyroca, quelque limicoles, chevalier guignette et cul blanc, échasse blanche, des hérons, bihoreau pourpré et intermédiaire ibis falcinelle, un seul rapace le busard d’orient.
Le guide nous conduit ensuite au bord d’une héronnière où nichent 500 becs ouverts indiens juste à côté du Garden Island cottage. Il y a foule dans les arbres et ça piaille à qui mieux mieux. La nidification a commencé et quelques jeunes occupent les nids. Sur le chemin nous croisons l’hirondelle à long brins occupée à construire son nid également. Magnifique.

La héronnière au Garden
Island cottage

 

Les jours suivant j’explore les alentours du lac en vélo. Rien d’extraordinaire sur la partie au nord du lac. La ville de Nyaug Shwe occupe tout l’espace. Il y a beaucoup de circulation sur les routes, peu propice au calme pour les oiseaux. Il est possible de faire la moitié du tour du lac, on s’arrête à Hu Pin Khaung on met les vélos sur une barque à moteur pour rejoindre l’autre rive.

Nous irons faire une excursion au sud du lac à Inn Dein, un lieu touristique avec des pagodes très anciennes, mais sans grand intérêt ornithologique.

La partie que j’explore le plus se trouve non loin de notre hôtel au nord-est du lac. C’est une zone de petites et moyennes collines qui longent le lac, avec des espaces boisés quelques étendues cultivées et des chemins qui mènent à des villages perdus. Les habitants ne sont pas habitués à voir des étrangers et ils me croyaient perdu dans leur campagne. Ils me déconseillaient de continuer sur ces chemins. Les chiens eux non plus ne sont pas habitués à voir des passants dans ces coins isolés et montrent facilement les crocs. Par précaution je me suis taillé un solide bâton pour parer à toute éventualité.

Les découvertes sont tous les jours différentes. Je pose le vélo et reste pendant des heures posté à la lisière des champs à l’ombre des grands arbres. D’énorme papillons colorés se posent près de moi. Des bruits dans les branches révèlent la présence d’un « toupaye de belanger » qui m’observe. C’est un petit mammifère arboricole de la taille d’un écureuil.

Quel est donc
cette étrange bestiole ? un toupaye de belanger
Un groupe de perruches de Finsch
se posent et repartent aussitôt.

 

Les perruches de Finsch à grands cris, passent comme des flèches vertes entre les arbres. Des ombres rapides se faufilent et se cachent dans l’épaisse frondaison, ce sont des Malcoha sombres. D’autres espèces que je ne parviens pas à identifier échappent à la prise de vue. Aux briefings du soir je comptabilise 82 espèces d’oiseaux sur la région du lac Inle. Mais 9 jours d’explorations ne sont pas suffisantes pour découvrir toute la richesse de ce site.

Des papillons butinent inlassablement
Colombar commandeur

Toutes les expéditions du lac Inle sur birdingnotebook.

Kalaw

Randonnée à Mine Lone Mountain – Vue sur la ville de Kalaw

Après 9 jours nous quittons les rives du lac, un taxi nous conduit à Kalaw. C’est une petite ville situé à 80 Km du lac Inle dans une région de moyenne montagne, recouverte de forêts de pins.
Le 1er jour nous visitons les alentours de l’hôtel. Nous traversons un camp militaire arboré, longeons le terrain de golf et les faubourgs de la ville. Nous identifions de nouvelles espèces, tarier gris, mésange montagnarde, pie grièche du Tibet, verdier d’Oustalet.

Pie grièche du Tibet dans la cours d’un monastère

Il y a plusieurs chemins de randonnées aux alentours de la ville Nous prenons des renseignements à l’hôtel et nous choisissons le petit treck de « Mine Lone Mountain » et de bon matin nous prenons la direction des montagnes. Nous restons 5 heures sur le sentier à observer les oiseaux.

Le sentier de Mine Lone Mountain à travers les forêts de pins pour de nouvelles découvertes

Les oiseaux sont omniprésents, mais l’identification est parfois difficile dans cette végétation.

Timalie aux yeux d’or
Pic brun

Des espèces farouches passent rapidement devant l’objectif de mon appareil photo. Par contre le Loriot à bec effilé reste un long moment à jouer à cache- cache dans les branches et ne semble pas dérangé par notre présence.

Le loriot à bec effilé semble curieux de notre présence.

Nous avons identifié 29 espèces différentes sur ce spot qui ne fait pas parti des I.B.A. et pourtant d’une grande richesse ornithologique. Le lendemain nous rejoignons Mandalay pour notre dernière étape.

Le Pont d’U Bein à Mandalay

Pont U Bein à Mandalay

Avant de rejoindre l’hôtel, nous faisons un détour au pont d’ U Bein. C’est un pont de 1,2 kilomètre de long, construit en teck. Il traverse le lac Taungthaman. C’est un lieu touristique, on le traverse à pied, la circulation y est interdite.
C’est un endroit intéressant pour sa position, il nous permet d’avoir une vue en hauteur sur l’ensemble du lac. Une colonie d’échasse blanche occupe une petite plage, un ilot est occupé par des aigrettes garzette et des cormorans de vieillot tandis que des centaines d’hirondelles à longs brins volent à la surface du lac. Nous remarquons la présence d’oies cygnoïdes parmi les groupes de canards colvert et des martinets de Sibérie qui passent l’hiver ici. Nous les retrouverons sur les rives du lac Baïkal lors d’un prochain voyage.
Pour l’heure il est temps de reprendre l’avion et rejoindre l’hiver de l’Europe. Nous profitons d’un dernier coucher de soleil sur le fleuve Irrawaddy avant de dire aurevoir à la magie du pays des 1000 pagodes.

Philippe Heitz

J’ai un gilet avec de grandes poches pour y mettre appareil photo, guide ornitho, portefeuille, téléphone avec GPS, et bouteille d’eau. Je porte une casquette pour éviter d’avoir froid aux pieds et à la ceinture un couteau Laguiole pour le mode survie. A l’âge de 10 ans je montais aux arbres pour aller visiter les nids des pies, mésanges et corneilles. C’était pas une bonne idée, mais c’est ainsi qu’est né une passion. Depuis j’ai changé mon fusil d’épaule et depuis j’observe les oiseaux de loin avec des jumelles pour éviter de les déranger. Une passion c’est comme un virus, et ce virus je l’ai transmis à mes fils. Maintenant nous voyageons en famille aux 4 coins du monde avec comme objectif : « Dénicher l’oiseau rare ». Je m’appelle Philippe Heitz, 56 ans et je vis en Aveyron miladiou.

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