Namibie & Botswana ornitho: Du Namib à l’Okavango

L’agence Tropical Birding est un tour opérateur spécialisé dans les voyages ornithos. Avec pas moins de 24 guides, l’agence parvient à couvrir une quantitée de lieux assez impressionnante sur les cinq continents. Entre le 5 et le 20 septembre 2015, un groupe guidé par Ken Behrens (auteur des photos) a eu la chance de visiter la Namibie et le Botswana. Ceci est une traduction de leur compte rendu de voyage ornitho.

Males Lions
Une des plus belles observations du voyage: deux lions mâles au parc d’Etosha. Un paradis pour l’observations des mammifères. Ken Behrens

Itinéraire


September 5 Windhoek, Namibia. Avis Dam and Gammons Sewage Works.
September 6 Windhoek to Spreetzhoogte
September 7 Spreetzhoogte to Swakopmund
September 8 Swakopmund / Walvis Bay
September 9 Swakopmund to Erongo Mountains
September 10 Erongo Mountains
September 11 Erongo to Etosha NP
September 12-13 Etosha NP
September 14 Etosha NP to Kavango
September 15 Kavango
September 16 Kavango to Okavango Panhandle, Botswana
September 17 Okavango Panhandle
September 18 Okavango Panhandle to Kavango, Namibia
September 19 Kavango to Windhoek
September 20 Departure from Windhoek

Résumé du tour

Notre tour en Namibie et au Botswana est depuis longtemps un des plus populaires. Les rives du fleuve Namib et son désert environnant est l’habitat de nombreuses espèces endémiques. On citera par exemple le Francolin de Hartlaub, l’Achétopse à flancs roux (Rockrunner), l’intrépide Lanielle à queue blanche ou encore l’énigmatique Alouette à Dos Roux (Dune Lark). Le delta de l’Okavango abrite également une grande variété d’oiseaux dont deux des plus recherchées: Le Bihoreau à dos blanc (White-backed Night-Heron) et la Chouette-pêcheuse de Pel (Pel’s Fishing-Owl). Bien que la thématique principale du tour soit axée autour des oiseaux, nos visiteurs sont bien souvent surpris par le nombre de mammifères. Le parc Etosha est l’un des plus riches d’Afrique. Le rassemblement de milliers de mammifères autour des points d’eau alors que les prédateurs rodent est un spectacle inoubliable. Bien sur, les paysages féeriques et typiquement africain rajoutent à ce tout une touche de magie pour tous les amoureux de ce continent. Il est difficile de trouver les mots pour expliquer la sensation qu’on éprouve lorsqu’on traverse ce pays en grande partie vierge de toute civilisation, les couchers de soleil dans le désert de Namib et les étendus infinis de papyrus de l’Okavango sont des visions qui restent gravés dans la mémoire à vie. En bref, il faudrait vraiment détester la nature pour ne pas être enthousiasmé par ce tour.

Oryx
Les Oryx prospèrent dans les plaines arides du désert de Namib – Ken Behrens

Durant ce voyage nous avons observé 363 espèces d’oiseaux dont la plupart des espèces endémiques de Namibie et les espèces suivantes:  Chouette-pêcheuse de Pel, Hibou du Cap, Bihoreau à dos blanc, Bec-en-ciseaux d’Afrique, Francolin d’Archer, Aigrette vineuse et le Crabier à ventre roux. Nous avons également croisé la route de 47 espèces de mammifère dont le lion, le léopard, le guépard et le Rhinocéros noir. Nous n’avons pas oublié de garder un oeuil sur les reptiles, avec 14 espèces dont le Varan des steppes, le varan malais et quelques énormes crocodiles du Nil.

Nous avons pu observer de nombreux crocodiles du Nil le long de l'Okavango.
Nous avons pu observer de nombreux crocodiles du Nil le long de l’Okavango – Ken Behrens

Les alentours de Windhoek

Notre voyage commence fort dès le premier matin, avant même le lever du soleil. Un couple de Francolin d’Archer se laisse appâter derrière notre hôtel. Un bon début ! Notre première journée de birding se concentre autour de Windhoek (capitale de la Namibie), une ville qui contre toutes attentes se montre assez intéressante pour l’observation des oiseaux.  Les broussailles sèches attirent des espèces comme Chevêchette perlée, Guêpier à queue d’arondeCalao de Monteiro, Pic cardinal, Brubru africain, Rémiz minuteMésange cendrée, Erémomèle à cou roux, Mahali à sourcils blancs, Cordonbleu grenadin, Agrobate du Kalahari, Veuve dominicaine et royale et Gonolek rouge et noir, oiseau national de la Namibie. Dans un escarpement rocheux, nous trouvons un couple d’Achétopse à flancs roux, une spécialité qui peut être difficile à trouver durant cette saison. Les zones humides abritent une variété de limicoles et de canards dont la Nette brune, la Sarcelle hottentote, l’Erismature à tête blanche et une belle variété d’aigrettes et autres hérons.

Le Gonolek rouge et noir est l'emblème nationale de Namibie.
Le Gonolek rouge et noir est l’emblème nationale de Namibie – Ken Behrens

Le désert de Namib et Walvis Bay

Depuis les hauts plateaux du centre du pays, nous partons direction sud-ouest en direction du désert de Namib. Sur le chemin, nous croisons des paysages somptueux vierges de toutes traces humaines et c’est dans ce décor désert que nous croisons la route d’une Namiorne héréro. Pendant 30 minutes un couple se laisse observer à quelques mètres de nous seulement. Une expérience qui mérite d’être signalée car cette espèce est la plupart du temps assez farouche. En vrac, voici les autres espèces que nous croisons: Aigle fascié, Irrisor namaquois, Rollier à longs brins et Rollier varié, Prinia à joues rousses, Républicain social, Agrobate coryphée, Gobemouche traquet, Gladiateur bacbakiri, Cratérope bicolore, un nid de vautours oricou, et de nombreux Autours chanteurs.

 

Les Mouettes de Hartlaub sont abondantes le long de la côte.
Les Mouettes de Hartlaub sont abondants le long de la côte – Ken Behrens

Après avoir franchi le col du Spreetzhoogte, nous entrons dans le désert du Namib, une vaste plaine qui devient de plus en plus sèche lorsqu’on s’approche de la côte. Nous sommes émerveillés par les paysages désolés et par les antilopes, Oryx et autres outardes qui se sont si bien adaptés à cet environnement. A la fin d’une longue route, nous arrivons finalement à la ville côtière de Walvis Bay, un lieu à la fois frais et très sec, l’opposé de ce qu’on pourrait attendre d’une ville proche de la cote. Nous profitons d’une journée entière pour explorer la côte, un mélange incongru de dunes de sables, plaines rocheuses et zones humides foisonnantes de vie. Une petite marche dans les dunes nous permet d’observer la merveilleuse Alouette à dos roux (Dune Lark). La baie de Walvis est remplie de flamants roses et autres oiseaux d’eau avec une belle diversité de limicoles. Les Otarie à fourrure d’Afrique du Sud surfent sur d’énormes vagues alors que les Fous du Cap volent au loin dans l’océan. Pendant ce temps les Mouettes de Hartlaub et Goélands dominicain fourmillent. Des milliers de Cormorants du Cap nichent sur des plateformes faite de guano et se nourrissent dans les riches eaux côtières. Lors de nos deux nuits passés à Swakopmund, nous apprécions comme les Cormorants les fruits de mer et la spécialité locale, l’Abadèche du Cap (Kingklip).

Les montagnes d’Erongo

Calao de Namibie
Le Calao de Namibie est une espèce quasi endémique de Namibie – Ken Behrens
Le Francolin de Hartlaub est une des priorité de recherche dans les montagnes de Erondo.
Le Francolin de Hartlaub est une des priorité de recherche dans les montagnes de Erondo.

Nous quittons la cote, retour dans les terres à la recherche des autres espèces endémiques de Namibie. Notre première halte se fait dans les montagnes de Spitzkoppe, de nouvelles espèces sont présentes, l’Aigle de Verreaux, la Buse augure et la Fauvette de Layard. Les montagnes d’Erongo sont réputés pour abriter quelques espèces endémiques de Namibie, et en effet, notre passage dans la région est très productif. Le long des cours d’eau asséchés, nous localisons l’Irrisor damara, le Pic barbu, l’Autour Gabar, le Perroquet de Rüppell et le Calao de Namibie. Les buissons et les habitats plus rocheux offrent un sanctuaire pour d’autres spécialités comme la Parus carpi, la Lanielle à queue blanche, l’Inséparable rosegorge, le Bruant cannelle, Bruant du Cap et le Francolin de Hartlaub. Du côté des mammifères, nous croisons l’Oréotrague (une sorte de petite antilope), le Grand koudou et le rat des rochers. La géologie locale faite d’anciennes montagnes de granites et notre habitation au cœur de la montagne contribuent à un séjour inoubliable au sein des montagnes Erongo.

Le parc naturel d’Etosha

Amadines à tête rouge et Moineaux sud-africain
Amadines à tête rouge et Moineaux sud-africain circulent autour des points d’eaux – Ken Behrens
Rhinocéros noir
Etosha est un des derniers sanctuaire du Rhinocéros noir – Ken Behrens

Notre prochaine destination: la Parc Naturel d’Etosha, un des plus célèbre parc africain. Nous pénétrons dans le domaine des grands prédateurs, des troupeaux qui se précipitent autour de la seule source d’eau de la région à cette période de l’année. Une des plus belles observations de notre voyage nous est offert lorsque deux mâles lions adultes montrent leur physique impressionnant proche d’un trou d’eau. Nous profitons également de l’observation d’un Léopard et d’un Guépard, ce dernier profite d’une antilope fraîchement tuée. Malgré son caractère sec et poussiéreux, le parc Etosha abrite de nombreux oiseaux. Outarde kori, Messager sagittaire, Courvite à double collier, Outarde à miroir blanc, diverses alouettes comme l’Alouette à bec rose, bateleuse, la Moinelette à oreillons blancs et Moinelette à dos gris (mélange de moineau et d’alouette) peuplent la steppe. Des vols énormes d’Amadines à tête rouge et Moineaux sud-africain circulent autour des points d’eaux alors qu’ils se font chasser par les rapaces. Alors que nous nous déplaçons vers l’est du parc, nous traversons les plaines ouvertes autour d’Okakuejo, la forêt de Mopane avant de finir notre route vers Namutoni ou nous croisons la route des Madoqua (antilopes naines), du Touraco concolore et du Souimanga à ventre blanc.

 

Le fleuve Kavango et les plaines environnantes

Bec-en-ciseaux d'Afrique
Le Bec-en-ciseaux d’Afrique niche sur les rives du Kavango – Ken Behrens

Une longue route nous conduit dans de vastes plaines, dans une partie de la Namibie typiquement Africain, nous élisons domicile dans un lodge situé sur les rives du Kavango, idéalement situé pour attaquer l’exploration de l’Okavango. Cet écosystème unique est sans nul doute le plus riche de toute la Namibie. Les rives boisés foisonnent d’oiseaux, de nouvelles espèces pour la plupart comme le Barbican à collier, l’Apalis à gorge jaune ou le Gonolek à ventre blanc. Un peu plus loin de la rivière, d’autres espèces d’arbres à large feuilles abrite une avifaune encore différente. Notre principal objectif est de trouver la Pie-grièche de Souza et nous la localisons assez facilement. Outre cette espèce nous croisons la Cisticole grise, pipit forestier, Martin-chasseur strié, Mésange à ventre cannelle, Indicateur gris et Épervier des Ovampos. Une promenade en bateau nous permet d’approcher les roselières et bancs de sable de la rivière, nous  trouvons le Bec-en-ciseaux d’Afrique, la Glaréole auréolée, la Cisticole pépiante, l’Aigrette vineuse et des douzaines d’autre espèces d’oiseaux d’eau. L’objectif principal de notre visite et de cette promenade en bateau est d’aller observer la colonie de Guêpiers carmin avec ses couleurs flamboyantes. Bien que peu médiatisé, les colonies de cette espèce offre un des spectacle africain les plus remarquables. Ces centaines de joyaux aux couleurs turquoise et rouge carmin forment sur les rives du Kavango un arc en ciel de couleurs extraordinaire. La lumière du levée du soleil se mêle parfaitement au sable jaune dans lequel le Guêpier creuse son nid.

Un spectacle haut en couleur offert par les colonies de Guêpiers carmin
Un spectacle haut en couleur offert par les colonies de Guêpiers carmin – Ken Behrens
Vanneau à ailes blanches, une spécialité de l'Okavango.
Vanneau à ailes blanches, une spécialité de l’Okavango – Ken Behrens

Nous passons ensuite une journée entière à explorer la réserve de Mahango qui s’étend le long de la frontière avec le Botswana. Plusieurs observations dans cette réserve, tout d’abord un Aigle Martial avec dans ses serres une Mangouste rouge fraîchement capturée. Nous avons également la chance de croiser un troupeau d’Hippotrague noir, une des plus rare antilope d’Afrique. Les oiseaux ne sont pas en reste et de nouvelles espèces nous prouvent que la diversité de ce pays est hallucinante: Marabout d’Afrique, Grue caronculée et Vanneau à ailes blanches. Un vol de Bagadais de Retz sort d’un coup des forets alentours alors que les rapaces et autres vautours décrivent des cercles dans le ciel. Nous pensions avoir fait le tour des mammifères mais pour notre plus grande surprise de nouvelles espèces nous font honneur de leur présence, c’est le cas du Cobe de Lechwe, du Grand cobe des roseaux, du Sassabi et du Buffle d’Afrique. Après un pique-nique dans l’ombre d’un baobab ancestral, nous traversons la frontière du Botswana pour l’exploration de la deuxième partie du delta de l’Okavango. Nous empruntons de nouveau un bateau puis après une petite marche nous cherchons deux des espèces les plus emblématiques du delta, la Chouette-pêcheuse de Pel et le Bihoreau à dos blanc, nous les trouvons sans difficulté. Non loin des plaines inondées et bancs de sables se tiennent des espèces comme  le Canard à bosse, l’Ibis falcinelle, l’Œdicnème vermiculé et le Bec-en-ciseaux d’Afrique. Quelques vols de Gangas de Burchell nous passent au dessus de la tête, un mâle solitaire se laisse observer en train de s’abreuver sur un banc de sable. Bien que nous ayons déjà observé la Chouette-pêcheuse de Pel, nous profitons de notre dernière matinée au Botswana pour rejoindre un lieu ou de récentes observations de cette espèce ont été signalées. Après un peu de recherche nous localisons finalement un couple de cette énorme chouette, nous les observons pendant près d’une heure, les appareils photos chauffent ! En même temps, et même si notre voyage touche à sa fin, nous parvenons à trouver encore de nouvelles espèces: le Barbican promépic et le Cossyphe de Heuglin. Notre checklist est maintenant plutôt bien remplie.

La Chouette-pêcheuse de Pel reste notre observation la plus remarquable.
La Chouette-pêcheuse de Pel reste notre observation la plus remarquable – Ken Behrens

Conclusion

Notre voyage de retour est long, très long mais il est ponctué de quelques surprises. La meilleure est peut être ce couple de Hiboux du Cap qui chasse au dessus du delta au coucher du soleil, ou bien ces vautours africains et chassefiente qui dévorent la carcasse d’un pauvre âne ou encore l’Alouette à nuque rousse ou ce Coucal du Sénégal qui croise notre chemin. Lors de notre dernière nuit, nous apprécions un super diner chinois et nous nous remémorons les fabuleuses observations faites durant ces 16 jours dans le sud ouest Africain. Comme toujours, j’ai hâte de repartir pour mon pays préféré !

Manuel Heitz

Le terreau de ma passion: les souvenirs d'enfance, un voyage en Camargue avec mon père, oncle et frère, une visite dans les gorges du tarn et un rollier qui s'avèrera fatal pour l'alfa de l'époque ... et puis ma première paire de jumelles acheté à Mamouth ! Deux pour le prix d'unei ! Bref, passionné d'ornithologie depuis l'enfance, je suis le co-fondateur du groupe ornitho de birdwatching-blog qui a pour objectif de partager les informations relatives à cette discipline exaltante.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *